PRIX BODYCOTE SF2M (2)

Ce prix récompense des travaux de recherche et/ou développement innovants et applicatifs sur l’amélioration :

  • des propriétés à cœur et de surface de matériaux métalliques
  • des méthodes de caractérisation et test
  • des procédés et techniques de production,

suite à des traitements thermiques, thermochimique et de surface (sauf peinture et dépôts en voie humide) ou à des méthodes d’assemblage par soudage (sous vide par faisceau d’électrons) ou brasage.

Deuxième prix 2020

Alexis NICOLAŸ

J’ai tout d’abord suivi un cursus d’Ingénieur en 5 ans (2 ans de prépa intégrée + 3 ans de formation en ingénierie mécanique), à l’Université de Technologie de Compiègne (UTC). C’est dans cette université que j’ai pu découvrir la science des matériaux, domaine dans lequel je me suis spécialisé à partir de ma 4ème année et que je n’ai plus jamais quitté depuis. A l’issue de ces cinq années, j’ai effectué mon projet de fin d’études au sein de la division R&D matériaux du Groupement International de Mécanique Agricole (GIMA) à Beauvais (60). Ce stage de fin de cycle, axé sur la recherche expérimentale, visait à caractériser le comportement en fatigue d’un acier à haute limite d’élasticité (acier HLE), en différents états induits par un procédé de mise en forme particulier. De surcroît, il s’intégrait pleinement dans une stratégie de choix d’un couple matériau-procédé pour une application donnée. J’ai particulièrement apprécié la vision d’ensemble qu’offrait le sujet de ce stage, en l’espèce : l’étude de l’interdépendance entre un procédé (et ses conditions), les microstructures produites, et les propriétés mécaniques résultantes.

Séduit par cette première expérience orientée recherche, je me suis alors lancé dans un projet de thèse dont le sujet proposait sensiblement la même approche à savoir : l’étude des liens procédé-microstructures-propriétés. C’est ainsi que j’ai rejoint le Centre de Mise En Forme des Matériaux (Mines ParisTech) à Sophia Antipolis (06), pour y réaliser une thèse intitulée : « Microstructures et propriétés de l’Inconel 718 DA forgé en presse à vis dans le domaine subsolvus delta », dans le cadre de la chaire industrielle ANR-Safran OPALE. Durant celle-ci, j’ai eu l’opportunité de pouvoir profiter des moyens techniques et des compétences de deux autres laboratoires de recherche, l’Institut P’ (ISAE-ENSMA) et le LMTM (EPFL) dans lesquels je me suis rendu, pour des séjours plus ou moins longs, au cours de mes 3 années de doctorat. Grâce à un travail expérimental soigné, il a notamment pu être démontré, contrairement aux idées largement répandues dans la littérature que :

  • C’est essentiellement la recristallisation post-dynamique qui contrôle la microstructure après forgeage à haute vitesse (i.e. forgeage en presse à vis), et non la recristallisation dynamique.
  • L’effet bénéfique du traitement « direct ageing » (traitement visant à faire précipiter les phases durcissantes sans « mise en solution » préalable) sur les propriétés, n’est pas dû à l’écrouissage résiduel mais à une quantité de phase delta moindre.

Aujourd’hui j’occupe le poste d’ingénieur de recherche en analyse des microstructures en 3 dimensions au CEMEF – Mines ParisTech. Je suis notamment en charge d’un MEB-FIB récemment acquis par le laboratoire (fin 2018). Au-delà de la gestion technique de ce microscope, mes activités se concentrent autour de la mise en place et du développement de techniques de caractérisation des microstructures en trois dimensions par microscopie double faisceau (électronique et ionique), ainsi que des outils d’analyse des données produites.